Avatar, le piratage et l’industrie du contenu.
Non, je n’ai pas vu Avatar. Et de toute manière, ce n’est pas le sujet, car je ne vais pas parler du film en lui même. Le maximum dont je vais parler concernant le dernier Cameron sont les raisons pour lesquelles des milliers de personnes l’ont vu et le verront.
Mais d’abord le contexte.
Le contenu n’a plus de valeur. Je ne vais pas vous refaire le topo, mais tout ce qui est numérisable est duplicable gratuitement à l’infini, et donc tout ce qui est numérisable n’a plus de valeur. Voilà le constat apocalyptique que l’on dresse pour l’industrie du contenu.
En fait ce constat n’est réel que pour l’industrie du contenu sur support.
Il y a à mon sens 2 éléments principaux qui maintiennent de la valeur au contenu face au piratage.
- L’Execution : que la chose s’exécute devant moi, pour moi. Cela vaut aussi bien pour le concert, que pour un software on demand.
- La Catharsis : que la chose soit un expérience sociale (la catharsis est avant tout sociale si on relit la Politique d’Aristote). L’expérience de l’oeuvre ne peut se faire totalement qu’en groupe, qu’au sein de la société, car l’oeuvre a un rôle de purgation et de réhabilitation de l’être ensemble. Cette expérience, faite en solitaire, aura une profondeur, une valeur bien moindre, voire nulle.
Ainsi, les concerts ne connaissent pas la crise du piratage. Ainsi, le cinéma va logiquement se tourner (et dieu sait que les scénaristes d’Hollywood sont des experts en catharsis, en morphologie du conte & en mythologie) vers des « oeuvres » (oui ces guillemets sont snobs) qui ont une dimension sociale, où c’est l’expérience commune qui prime.
C’est à dire que, logiquement, le rapport support enregistré (disque, dvd) — expérience commune (concert, cinéma) sera plus complexe.
Déjà, je voyais de plus en plus le disque comme un support marketing pour le concert.
Mais aussi le disque ou le dvd sert de symbole de l’expérience commune. J’ai vécu l’expérience cathartique Star Wars au cinéma. Par le DVD, je m’y replonge et revis les émotions que j’ai vécu une première fois (parce que j’étais dans l’être ensemble). Le « Collector » est là pour cela.
Voilà, c’est court, je sais, mais ce sont des petites idées qui me trottent dans la tête depuis quelque temps. J’y reviendrais sûrement pour étayer tout cela.

